Une « gender manager » à Schaerbeek

L’échevine Adelheid Byttebier a mis l’accent sur la lutte contre le harcèlement et les stéréotypes

Depuis sa nomination comme échevine de l’égalité des chances, Adelheid Byttebier (Groen) essaie, avec le peu de moyens qu’on lui alloue, de développer une politique plus égalitaire entre femmes et hommes. Au menu, gender mainstreaming, gender budgeting, Maison des femmes, ou bien campagnes de sensibilisation

À la rentrée scolaire, Schaerbeek a engagé une « gender manager » mi-temps, une première en région bruxelloise, si ce n’est en Belgique. Amélie Servotte devra à ce que la commune mène une politique plus égalitaire entre les femmes et les hommes. Schaerbeek compte une seule femme au sein de son collège, mais est l’une des communes bruxelloises les plus dynamiques en matière d’égalité des genres. Au milieu d’hommes, Adelheid Byttebier (Groen) a été désignée échevine de l’Egalité des Chances il y a cinq ans. Elle dresse aujourd’hui un premier bilan. «En moins de cinq ans, nous avons pu mettre sur pied de nouvelles initiatives», expose l’échevine. «Celles-ci ont même reçu de bonnes réactions de mes collègues masculins. Mais il y a un an, nous nous sommes dit qu’il fallait pérenniser les projets, pour qu’ils restent quoi qu’il arrive après les prochaines élections. Nous avons réussi à avoir la garantie que, dans les trois prochaines années, les principaux projets seront subsidiés. » L’enveloppe pour les actions est passée de15.000 par an à 90.000 environ, grâce à l’obtention de nouveaux subsides.

SENSIBILISER LE PERSONNEL

Parmi les différentes actions menées, notons d’abord le gendermainstreaming, qui consiste à réfléchir au genre dans chacune des décisions prises au niveau communal afin d’éviter des situations inégalitaires entre les femmes et les hommes. 8 des 36 services communaux sont passés au gender mainstreaming et ont réalisé un plan d’action, en interne (par exemple, créer un vestiaire pour les femmes dans un service plutôt masculin ou retirer les calendriers érotiques sur les murs de certains locaux), et en externe (à destination de tous les citoyens, comme une amélioration de l’éclairage public). Ce processus permet de lancer le débat, au sein des services, sur les inégalités de genre, thème rarement évoqué. Pour certaines et certains, cela permet de libérer la parole.

Le budget aussi prend en partie en compte la notion de genre dans la commune, c’est le « gender budgeting ». Par ailleurs, des associations sont mandatées pour mener des formations à destination des fonctionnaires sur ces thématiques, notamment au service prévention. Plus récemment, l’équipe de la Maison des femmes, rue Josaphat, a été doublée. «Nous ne voulons pas que le lieu soit seulement occupationnel. Nous démarrons des ateliers pour aider les femmes à s’émanciper », poursuit l’échevine. Ainsi vont commencer des cycles d’ateliers pour apprendre les bases de la menuiserie, pouvant mener à une formation qualifiante, et d’autres en cuisine, pour aider à monter sa micro-entreprise de traiteur. Il existe aussi des actions et campagnes plus ponctuelles, comme lors de la journée de la femme, la journée contre les violences faites aux femmes et la journée des hommes. Avec deux grands thèmes développés : la lutte contre le harcèlement de rue et les stéréotypes genrés. L’année dernière d’ailleurs, des élèves schaerbeekois ont participé à des ateliers sur le harcèlement de rue. Le travail reste considérable pour que la commune et les citoyens soient sensibles aux inégalités.- MARIE HAMONEAU

La Capitale 23.11.2017

 

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